Les Roms, appelés parfois Tsiganes bien que cette appellation soit péjorative, vivent depuis une dizaine d'années dans une situation particulièrement dure en Roumanie.
Population
Montreuil a une tradition d'accueil à leur égard, comme l'atteste ce livre de Béatrice Jaulin (Ed. Autrement, 2000).![]()
Leur population est aujourd'hui estimée entre 500 000 et deux millions de personnes, dans un pays de 24 millions d'habitants. La majorité des Roms de Roumanie est actuellement sédentaire. L'âge moyen des filles au premier mariage est de 17 ans (22,25 ans dans le reste de la population). L'âge de la femme au premier accouchement est de 18,5 ans. Le planning familial n'existe pour ainsi dire pas.
Histoire
Historiquement, ils ont été esclaves jusqu'à la moitié du XIXe siècle et ont continué, après leur libération, à vivre dans une condition de marginalité. Le chômage atteint chez eux des cotes incroyables. Il n'est pas rare de trouver dans les journaux des annonces comme: «Embauchons portier, Tziganes exclus».
Bon nombre des plus riches maffieux locaux sont Roms, et leur prospérité matérielle agressive est d'autant plus choquante qu'elle est en contradiction aussi bien avec la misère dans laquelle vivent les autres Roms qu'avec les lois du pays.Les Roms ont été spoliés au moment de la redistribution des terres, à la chute du régime de Ceaucescu (fin 1989). De 1990 à 1998, les Roms ont vécu des années noires. Leur situation devait s'améliorer à partir de 1998, lors de la signature d'un accord national. Actuellement 40 experts Roms interviennent dans les mairies et quelques places sont réservées dans les universités.
Ceci dit, même si l'entrée prochaine de la Roumanie dans l'Union européenne peut susciter quelques espoirs, ils sont encore aujourd'hui persécutés dans leur pays.
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Les Roumains arrivés en septembre 2001 à Montreuil viennent de la région d'Arad. Ils sont venus après avoir séjournés dans d'autres pays européens.
Situation juridique
Les Roumains n'ont plus besoin de visas pour séjourner en France moins de trois mois. La question de leur expulsion ne se pose donc pas et leur situation nous montre que la construction de l'Europe ne pourra pas se réduire à l'union monétaire.
Avec les persécutions, entre 1988 et 1997, la demande d'asile roumaine est passée de moins de 1 000 par an à près de 5 000. Les Roumains représentaient alors environ 20 % de la demande totale d'asile. Depuis l'été 1998, la loi Chevènement sur l'immigration a complètement bouleversé la donne. Jusque-là, moins de 1 % des demandeurs d'asile roumains, Tsiganes et non-Tsiganes, obtenaient, in fine, l'asile politique. Mais tous profitaient de procédures d'instruction des dossiers très longues ainsi que d'un système de recours suspensif, qui leur permettait de bénéficier de titres de séjour provisoires, parfois pendant un an ou plus.
Or la loi Chevènement a étendu la procédure ‘prioritaire’ - c'est-à-dire accélérée - de détermination du statut de réfugié à certains pays censés avoir renoué avec la démocratie. La Roumanie est considérée comme telle. L'appel devant la commission de recours des réfugiés a par ailleurs perdu son caractère suspensif.
Résultat : les demandes d'asile émanant de ressortissants roumains, toujours rejetées dans plus de 99 % des cas, le sont dans des délais désormais très courts et les familles déboutées se retrouvent, très vite, en situation irrégulière.