Le Parisien, lundi 26 mai 2003
 

600 places à trouver pour accueillir les nomades


    LES VILLES ont une fâcheuse tendance à perdre leur sens de l'hospitalité dès lors qu'il s'agit d'héberger des gens du voyage sur leurs terres. La loi du 5 juillet 2000 fait pourtant obligation aux communes de plus de 5 000 habitants de fournir un terrain pour les nomades et de prévoir des crédits nécessaires à leur fonctionnement. Etabli d'autorité - faute de consensus avec les communes - par la préfecture en décembre dernier, le schéma départemental d'accueil des gens du voyage s'est heurté à de nombreuses protestations et à de fort mauvaises volontés. Tant et si bien que le nouveau préfet du département, Michel Sappin, vient de remettre tout le monde à l'ouvrage, soit les 39 communes concernées, pour définir une nouvelle carte des aires d'accueil. L'objectif est de créer des aires de 10 à 30 places pouvant accueillir au total quelque 600 caravanes. C'est, selon la préfecture, le nombre moyen de caravanes recensées en Seine-Saint-Denis ces dernières années - un nombre qui ne correspond pas à la réalité, estiment d'ores et déjà les nomades.

    Les communes font de la résistance « Pour les trois quarts des communes, on a déjà le terrain », avance aujourd'hui le préfet. Pourtant, certaines, comme Gagny, font de la résistance (lire ci-dessous) . Pour neuf villes, il est d'ores et déjà établi qu'elles n'accueilleront pas de caravane, mais paieront une sorte de taxe de compensation. Il s'agit de L'Ile-Saint-Denis, Villetaneuse, Les Lilas, Le Pré-Saint-Gervais, Les Pavillons-sous-Bois, Pierrefitte, Vaujours, Dugny, Villemomble et Montfermeil. Les sommes à payer sont le résultat de savants calculs où entrent notamment en compte le prix des places sur les aires existantes, les revenus fiscaux des communes, la surface des villes et la densité de population... Villemomble paiera la contribution la plus importante, provisoirement évaluée à 38 000 €. Le fonctionnement des aires sera pris en charge à parts égales par l'Etat, le conseil général, les villes sans terrain et les locations de places payées par les gens du voyage. Toutes les villes devront avoir rendu leur proposition le 31 juin au plus tard, afin d'élaborer un schéma définitif d'accueil des gens du voyage. Une fois ce plan entériné, les communes auront deux ans pour aménager les terrains retenus, mais Michel Sappin espère qu'une dizaine d'aires d'accueil seront prêtes « d'ici à la fin de l'année ».
 
 

Julien Constant