Le Parisien, jeudi 23 mai 2003
 

L'expulsion des Roms confirmée en appel


   
MONTREUIL, LE 19 [NDLR 14!] AVRIL DERNIER.
Les 70 Roms évacués d'un bâtiment public désaffecté
de la rue Paul-Doumer ont vu leur expulsion confirmée
hier par la cour d'appel de Paris.   (LP.)
 

    LE FEUILLETON judiciaire des Roms de Montreuil a sans doute connu son dernier rebondissement hier. La cour d'appel de Paris a en effet confirmé l'ordonnance d'expulsion prononcée par le tribunal de grande instance de Bobigny le 14 août 2002 contre les Tsiganes roumains de la rue Paul-Doumer. Plusieurs associations, dont Droit au logement (DAL), ont attaqué cette décision appliquée le 14 avril dernier avec l'évacuation et la destruction du squat. « Je suis déçu car la cour d'appel entérine la justice expéditive du tribunal de Bobigny », explique Jean-Charles Plançon, avocat de DAL, peu surpris. « On refuse aux Tsiganes le statut de personnes vulnérables et de victimes de persécutions », regrette-t-il. Pour le moment, seule une vingtaine des quelque 130 occupants du squat de Montreuil a été rapatriée vers la Roumanie. Près de 70 personnes sont également hébergées depuis un mois au domicile personnel des militants du collectif de soutien local. A Stains, quelque 150 Tsiganes roumains, répartis en 40 caravanes, ont évacué lundi leur campement de l'avenue Gaston-Monmousseau. Un nombre équivalent de véhicules continue d'occuper ce terrain propriété de la Sidec, l'aménageur du conseil général. L'expulsion de ces familles serait imminente. « La police les a avertis qu'ils devaient quitter le terrain avant vendredi », explique Michèle Mezard, de Médecins du monde, qui déplore un « harcèlement policier ».
 
 
 
 

Victor Dixmier