Lettre adressée à la journaliste de l'Humanité, Mme Emilie Rives, en réaction au démenti contenu dans l'article du 17 avril.

Montreuil, le 23 avril 2003

Madame,

    dans l'"Humanité" des 15 et 17 avril, vous avez rendu compte de la scandaleuse expulsion des Roms de Montreuil. Nous sommes très sensibles à votre couverture de l'événement, car la majeure partie de la presse nationale a fait preuve d'un total mutisme sur le sujet.
    En compagnie d'un autre conseiller municipal, nous avons été témoins de la première tentative d'expulsion du 21 mars 2002. Alertés ce jour là par les familles Roms, nous avons assisté à l'intervention de la pelleteuse. Contrairement à ce que vous dites dans votre édition du 17 avril, la pelleteuse ne passait pas là par hasard. Le directeur de cabinet du maire, M. Koskun, ainsi que le directeur des incivilités, M. Zucali, ont exhorté les habitants à sortir du bâtiment. Devant le refus de ceux-ci, M.Zucali a donné ordre de mettre en marche la pelleteuse. Le moteur a été démarré, puis, personne ne se décidant à sortir, M. Zucali a donné ordre de faire pivoter la grue. Les familles Roms, soutenues par nous, n'ont pas quitté le bâtiment. "Sortez, nous allons démolir le
bâtiment, vous mettez votre vie en danger" répétait M. Zucali. Au bout de plusieurs dizaines de minutes de tension, et comme personne ne semblait décidé à bouger, M. Zucali a fait arrêter le moteur de la pelleteuse Par la suite, le maire a osé prétendre en conseil municipal que c'était faux.
    C'était sa parole contre la nôtre, et les photos que nous avions prouvant que la grue était stationnée devant le bâtiment ont été réfutées car "la grue était là par hasard"
    Je maintiens que le maire de Montreuil a délibérément menti dans cette affaire, car je ne peux imaginer que MM. Koskun et Zucali aient agi sans son accord.
    Tentative d'intimidation ou réelle volonté de détruire illégalement ce bâtiment, le fait est que M. Zucali a, devant nous, donné l'ordre, répété plusieurs fois, de démolir le bâtiment, .
    Je pense que votre bonne foi a été abusée, car vous ne pouviez pas imaginer qu'un élu puisse mentir de la sorte. Mais hélas pour la démocratie, dans ce cas précis, c'est le cas. Je vous saurais gré de bien vouloir rétablir la vérité dans un prochain article.
    Je reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire
    Avec toutes mes salutations

     Fabienne Vansteenkiste, conseillère municipale, Montreuil