L'Humanité, lundi 23 juin 2003
Rom - Fête de solidarité
Dans le cadre de la Fête de la musique, les collectifs rom de Montreuil et Saint-Denis ont organisé une fête de soutien aux familles de Rom sur un terrain de la SNCF, rue d'Aubervilliers à Paris. Romeurope, le collectif régional des comités et collectifs rom, tient sa prochaine réunion annuelle demain à 19 heures dans les locaux de Médecins du monde à Paris. Par ailleurs, une mission de la Ligue des droits de l'homme et de Médecins du monde se rendra le 29 juin prochain en Roumanie. Son but : rencontrer les familles rom rentrées en Roumanie, soit de force, soit avec des aides de l'Office de migration internationale (OMI).
Rom - Le PCF réclame un statut de réfugiés pour les Rom
Au cours d'une conférence de presse, le Parti communiste a fait des propositions pour que la solidarité envers cette population soit partagée par tous et que l'Europe se saisisse de la question.
Hasard du calendrier ou pas, alors que les dirigeants européens se sont réunis à Thessalonique autour du thème de l'immigration, le Parti communiste français a décidé de passer à l'offensive, vendredi dernier, sur l'épineuse question des Rom. Estimée à 5 000 en France, cette population, venue pour la plupart de Roumanie où elle subit la discrimination et vit dans la misère, a été au cour de l'actualité ces derniers mois. Notamment après les violentes expulsions à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), Achères (Yvelines) et Montreuil (Seine-Saint-Denis) - entre autres - sur décision préfectorale. " Les autorités politiques ne font pas face à leurs responsabilités ", a déploré, vendredi, Francis Parny, vice-président communiste du conseil régional d'Île-de-France, lors d'une conférence de presse. " La solidarité qui leur est due est laissée au seul soin des élus locaux et des associations humanitaires ou d'insertion qui les entourent. Pourtant, cette solidarité ne peut rester une question locale. "
Pour changer la donne, le PCF a donc décidé de faire des propositions et demande à être reçu par le premier ministre, le ministre des Affaires étrangères et le préfet de région. L'idée est d'agir à différents niveaux. Au plan national, le PCF revendique, notamment, un " statut de réfugiés " pour les Rom et la mise en place d'un " fond national d'aide à l'accueil " afin que " les collectivités locales ne supportent tout le poids de la solidarité ". Dans le même temps, les communistes réclament l'amélioration de ces conditions d'accueil, avec la création d'un troisième centre " complétant Bobigny et Montrouge ", mais aussi des brochures dans la langue adéquate, l'accès au soin et à l'éducation, des hébergements d'urgences et définitifs, ou encore l'accès au travail. Car, comme le souligne Francis Parny, " la réponse actuelle du gouvernement ne fait que déplacer le problème. Au bout du compte, il expulse, souvent brutalement, en séparant les familles, en déscolarisant les enfants, voir en détruisant les maigres biens que ces populations possèdent, avant de les renvoyer dans leurs pays ".
Au plan européen, les communistes souhaitent la réunion d'un conseil interministériel consacré à cette question. Et espèrent déboucher, entre autres, sur la définition d'un plan d'aides aux pays concernés et sur la mise en place d'une " commission de sages ", chargée de formuler des recommandations. Il y a urgence. Et le gouvernement ne peut plus reculer sur la question. " Il faut bien voir, remarque Francis Parny, que les pays concernés, comme la Roumanie, mais aussi la Hongrie ou la Bulgarie, entreront dans l'Union européenne en 2004 ou 2007. Dès aujourd'hui, les Roumains avec un passeport sont en situation légale sur le territoire. Pour les reconduire à la frontière, le gouvernement est obligé d'invoquer des "ressources insuffisantes"... C'est scandaleux ! Surtout dans le cadre de la future ouverture de l'espace Schengen. "
Laurent Mouloud