L'Humanité, mercredi 23 avril 2003

    Demandeurs d'asile Rom de Montreuil : la persécution continue

    Sur les cinquante-deux adultes et enfants interpellés lundi dernier à Montreuil, six adultes et deux enfants ont été expulsés de France entre vendredi et samedi : trois femmes, dont deux sont enceintes, et trois hommes, dont deux possédaient des visas autrichiens. Le troisième a été séparé de sa femme gravement malade et de sa petite fille, qui ont pu, elles, rester en France (symbolique d'un gouvernement qui prône le rôle de la famille !) Quarante-trois personnes ont été remises en liberté, pour des motifs différents et par des tribunaux différents, qui, sur des cas semblables, ont pris des décisions différentes... Rien n'est réglé. Les vingt et un hommes élargis en première instance par le tribunal de Meaux, jeudi, qui reconnaissait ainsi des irrégularités dans les procédures d'interpellation, risquent, de nouveau, de se retrouver en rétention. En effet, la préfecture, qui ne craint pas l'image du persécuteur, a obtenu gain de cause à la cour d'appel de Paris. Les femmes assignées à résidence par le tribunal de Bobigny ont été privées de leur passeport. Trois d'entre elles, avec leurs huit enfants, convoquées, hier matin, par la préfecture de Bobigny, ont vu leur assignation prolongée jusqu'à vendredi. Parmi la soixantaine de réfugiés à la Maison ouverte, à Montreuil, quelques-uns, maintenant, choisissent volontairement le retour, pour éviter que ne soit confisqué, à l'arrivée et pour cinq ans, leur passeport. Pour les autres, malgré la responsabilité de la préfecture dans cette affaire et sa capacité à réquisitionner des logements vacants, aucune solution décente, a fortiori définitive, n'était en vue hier. Les enfants, scolarisés à Montreuil depuis un an et demi, ont repris l'école hier matin.
 

Émilie Rive