Une intégration réussie à Fontenay-sous-bois
Le 2 novembre 1999, 45 roumains dont 16 enfants (originaire de la région d’Arad) se font très violemment expulsés, par des vigiles et des chiens, des locaux d’une ancienne école privée à Fontenay, vide depuis plus de 10 ans, où ils venaient de trouver refuge. Grâce à la mobilisation d’habitant-e-s du quartier et d’associations (DAL, APEIS, Emmaüs…) un campement est installé sur le trottoir.Le 5 novembre 1999, les familles et les soutiens investissent une annexe de l’ancien lycée Maurice Ravel désaffecté depuis 1984, appartenant à la Mairie de Paris. Deux jours plus tard, une première réunion regroupant plus de 100 personnes (habitant-e-s de Fontenay, associations, partis politiques…) donne naissance au comité de soutien. Les premières initiatives du comité de soutien entreprennent des travaux de réfection : toiture, sanitaires, mise en marche de la chaudière (la mairie (PC) participera même à l’achat du fuel).
Le 5 janvier 2000, la mairie de Paris assigne les familles et le Préfet du Val-de-Marne. Elle demande l’expulsion immédiate des familles et la suppression de la trêve hivernale. Le comité de soutien décide d’écrire à M. Tibéri, le maire de Fontenay en fait autant.
Face à la mobilisation du comité de soutien et de la municipalité (qui affrète un car pour les résident-e-s et les soutiens le jour de l’audience au tribunal), la mairie de Paris suspend sa plainte.
La scolarisation de tous les enfants d’âges maternel et élémentaire est permise dès le mois de décembre ainsi que l’inscription au centre de loisirs. Les collégiens font leur rentrée en janvier. Les enfants fréquentent également la cantine, les bibliothèques, la piscine, les centres de vacances et font preuve d’une assiduité quasi irréprochable. Les adultes participent à des formations linguistiques et professionnelles, et bénévolement à la campagne d’hiver des restos du cœur, à la vie du quartier. Aujourd’hui l’ultime étape à l’intégration de ces familles est la régularisation.
Comme les familles de Montreuil, les roms de Fontenay ont effectué des demandes d’asile territorial qui n’aboutissent que très rarement (0.5% de réponses positives).