Inquiétude du Conseil de l'Europe pour les Roms


LE MONDE | 08.04.03 | 18h13 • MIS A JOUR LE 08.04.03 | 18h27

    La Journée internationale des Roms commémore la libération des Roms détenus dans le camp de concentration d'Auschwitz, à la fin de la seconde guerre mondiale. Il s'agit également de la date anniversaire du premier congrès international Rom qui s'est tenu à Londres en 1971.
Lors d'une réunion, jeudi 8 avril, des médiateurs des Etats membres de l'Union européenne à Athènes, le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Alvaro Gil-Robles, a dénoncé "les difficultés d'accès à l'emploi, les dégradations ou la perte de leurs logements et la pauvreté conduisent ces communautés à la marginalisation et les exposent à l'exploitation par des réseaux criminels Roms et Tsiganes et autres.
    Stigmatisant des pratiques administratives discriminatoires, sans nommer de pays, le Commissaire aux droits de l'Homme a souligné que ces "problèmes risquent de se perpétuer et de s'aggraver" faute d'un accès de ces populations à un enseignement de qualité.
    De son côté, la secrétaire générale adjointe du Conseil de l'Europe Maud de Boer-Burquicchio, soulignant les "efforts actuellement entrepris aux niveaux national et international afin de promouvoir et protéger les populations Roms", a appelé les dix millions de Roms européens à "maîtriser leur propre destin".
    "J'appelle les populations Roms européennes à adopter une posture revendiquant leur consultation avant toute prise de décisions les concernant et à s'impliquer pleinement dans les discussions sur leur propre avenir", a-t-elle ajouté, assurant que "sans cette participation, aucun progrès durable ne sera accompli".
     La Journée internationale des Roms commémore la libération des Roms détenus dans le camp de concentration d'Auschwitz, à la fin de la Seconde guerre mondiale. Il s'agit également de la date anniversaire du premier congrès international Rom qui s'est tenu à Londres en 1971.

LE CAS DE LA SERBIE-MONTENEGRO
    A l'occasion de l'adhésion, jeudi 3 avril, de la Serbie-Monténégro, au Conseil de l'Europe, Amnesty international avait invité ce pays à combattre plus efficacemment les violations des droits de l'homme et à mettre fin au climat d'impunité existant en la matière. "Il semble qu'il existe un manque apparent de volonté des autorités pour régler ce problème de manière adéquate, ce qui perpétue un climat d'impunité similaire à celui qui existe vis-à-vis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité", avait déclaré dans un communiqué, l'organisation de défense des droits de l'homme basée à Londres.
    Quelques heures avant l'adhésion formelle de la Serbie-Monténégro au Conseil de l'Europe, Amnesty international avait fait état de cas de torture et de mauvais traitements qui auraient été infligés par la police, en citant notamment le cas de Milan Jezdovic, un étudiant de 24 ans qui, selon plusieurs témoins, aurait été "torturé à mort" dans un poste de police de Belgrade en décembre dernier.
    Dans ce contexte, l'organisation juge préoccupants "certains aspects" des mesures d'urgence prises à la suite de l'assassinat du premier ministre serbe, Zoran Djindjic, le 12 mars dernier, notamment la mesure permettant à la police de détenir des suspects pendant 30 jours sans qu'ils puissent avoir accès à un avocat.
     L'organisation fustigeait enfin "l'absence de mesures adéquates pour protéger la population des attaques d'acteurs non étatiques fondées sur leur ethnie ou leur orientation sexuelle" et insistait sur la nécessité de mettre fin au "racisme institutionnalisé" ou à la "large discrimination pratiquée à l'encontre des Roms".

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