Lundi 21 avril 2003
Roms expulsés de Montreuil :
8ème jour à la Maison ouverte,
17 rue Hoche (Métro Mairie de Montreuil)Les 150 Roms de Roumanie expulsés lundi dernier à l’aube de l’immeuble appartenant aux domaines qu’ils occupaient depuis septembre 2001 au 47 rue Paul Doumer à Montreuil ont traversé une semaine de répression et d’acharnement judiciaire : lors de l’expulsion, la police a procédé à une rafle (contrôle, fouille et embarquement collectif) qui a conduit 52 personnes en centre de rétention. 6 adultes et 3 enfants ont été renvoyés en Roumanie, mais tous les autres interpellés soit 43 personnes (y compris les enfants) ont été relâchés, pour des motifs divers et par des tribunaux différents : annulations de procédures au Tribunal de Grande Instance de Meaux, annulation de procédure par le TGI de Paris, annulation des arrêtés de reconduite à la frontière par le Tribunal administratif de Cergy, libérations accompagnées d’assignations à résidence au TGI de Bobigny... Au final, les Roms raflés ensemble se retrouvent dans des situaitons administratives différentes, parfois au sein de la même famille, certains restant sous la menace d’une reconduite à la frontière.
L’acharnement de la Préfecture, qui a fait appel du jugement de Meaux, qui annulait 21 procédures pour des irrégularités lors de l’interpellation et reconnaissait ainsi l’illégalité des expulsions locatives-rafles dont les Roms sont depuis plusieurs mois les victimes, démontre la volonté de légaliser cette pratique inacceptable. C’est au mépris des droits de la défense que la cour d’appel de Paris a effectivement infirmé le jugement de 1ère instance, puisque les familles n’ont pas reçu de convocation au Tribunal pour cette audience et n’ont pas assuré leur défense. La multiplication des expulsions-rafles (5 expulsions de bidonvilles ou d’immeubles occupés par des Roms depuis décembre 2002, dont 3 doublées de rafles), appelées à se généraliser pour remplir « un charter par semaine », est une étape supplémentaire dans un contexte plus large de répression des pauvres en général et plus particulièrement des sans-logis et des squatters, et de durcissement de la législation sur l’immigration (Monsieur Sarkozy doit présenter les modifications de l’ordonnance de 1945 le 30 avril).
Aujourd’hui, ces familles, dont les enfants sont scolarisés dans les écoles et collèges de Montreuil, refusent l’errance urbaine à laquelle les expulsions dont elles sont victimes (une partie d’entre elles en a déjà connues plusieurs) les condamnent. Sans aucun endroit où aller, ni la Préfecture, qui a ordonné l’expulsion, ni la Mairie de Montreuil, qui en a été avertie à l’avance, n’ayant prévu d’hébergement, elles ses sont réfugiées à la Maison ouverte, un centre protestant de Montreuil, pour demander aux Pouvoirs Publics (Mairie de Montreuil et Préfecture):
la régularisation de leur situation administrative
Un hébergement décent en attendant un relogment définitif, si besoin est en réquisitionnant des logements vacants (4278 logements vacants à Montreuil selon l’Insee)
Demain a lieu à 14h - à la Cour d’appel de Paris l’audience d’appel du jugement d’expulsion de l’immeuble
rdv sur placeRappelons que la Préfecture s’était engagée, il y a quelques semaines, à ne pas expulser les habitants avant cette audience. Elle n’a pas tenu son engagement, certainement de crainte de voir infirmé le jugement de 1ère instance, jugé alors que les familles attendaient le résultat de leur demande d’aide juridictionnelle et n’avaient pas encore d’avocat. Ce jugement peut toujours être infirmé, ce qui confirmera le caractère scandaleux de cette expulsion et contraindra les Pouvoirs Publics à héberger et reloger les expulsés.
Rdv pour une action : mercredi matin, à 10h, à la Maison ouverte